DEFINIR LE NGOSO

On appelle « Ngoso », une façon de chanter caractéristique des peuples côtiers du Cameroun.
Plusieurs éléments caractérisent le « Ngoso », nous en citerons les principaux.

Le « muninga »
Le chanteur reprend une ou plusieurs fois seul la phrase clé du chant sur un rythme ou une mélodie qui corresponde au thème du récit auquel se rapporte le chant.Cette phrase clé résumant le chant s’appelle le « muninga ».

Le « mbape »
ParDEFINIR LE NGOSO arrow-10x10 un signal convenu appelé « kwese », ce qui signifie fermeture, terminaison, il arrête son chant et invite ainsi son accompagnateur le « mbape » à reprendre la phrase qu’il vient de chanter. Celui-ci la reprendra tout au long du chant à la même hauteur mélodique et avec le même rythme. Souvent, cet accompagnateur est aussi doublé d’une autre personne qui chante les même paroles, sur le même rythme, mais en sourdine.

Les « miken »
On appelle « miken »- dont le singulier est « muken »- des clochettes à une voix qui sont accordées ensemble selon un timbre et un rythme particulier.
La plus grosse clochette appelée « mom ma muken » (le male), donne le son le plus bas et le rythme de base par lequel on commence. C’est le « mbape » qui détient cette clochette.

Une clochette moins grosse appelée « modi ma muken » (la femelle), donne un son plus élevé sur un rythme différent.

Ensuite, une clochette très petite appelée « ngonded’a muken » (jeune fille), donne un son très élevé, sur un rythme encore différent.
Les voix des deux accompagnateurs et le jeu de leurs clochettes forment ainsi la base rythmique sue laquelle le chant proprement dit peut s’édifier.
Ces trois clochettes doivent être obligatoirement utilisées pour tous les chants et donnent la clé du rythme du chant. Parfois, on peut en ajouter une quatrième dont le timbre se situe entre celui des autres et dont le rythme est lui aussi particulier.
La clochette est tenue de la main gauche par le manche, l’ouverture étant tournée vers le bas. On la frappe par un bâtonnet (musele) tenu dans la main droite. Apres chaque coup, (ou chaque double coup, quand les deux coups sont très rapprochés), on abaisse la clochette et on l’applique sur la cuisse pour en arrêter la résonance.

Le « Solo »
Lorsque le chanteur s’est assuré que les accompagnateurs chantent et jouent de leurs clochette comme il faut, il les laisse continuerarrow-10x10 leur sorte de refrain, et s’élève lui-même au dessus de la voix d’accompagnement la plus élevée pour commencer la partie centrale du chant dans laquelle il exprime ce qu’il a à dire. Parfois même, il fait descendre sa voix jusqu’au ton simple du récit durant quelques phrases sans arrêter le refrain des accompagnateurs qui maintiennent le rythme et la mélodie de base.

La directionarrow-10x10 du chant
Le chanteur qui a donné dès le début du chant le rythme de base et la mélodie continue à diriger sa troupe tout en modulant à sa façon. Pour cela, il utilise tantôt la clochette avec laquelle il a entonné, tantôt des « miseseko », tantôt des «manjo ».

Les « miseseko »
Du singulier « museseko », ce sont des instruments utilisés dans le Ngoso pour donner le rythme d’une chanson ou d’une danse. Ce sont des sortes de petits paniers fermés contenant des graines et produisant un bruit sec. Les
anciens chanteurs du « Munia »,c’est-à-dire le conte à la manière traditionnelle, n’employaient pas les « miseseko », mais seulement des « manjo ». Ils donnaient le rythme sans faire du bruit. Les « miseseko » étaient employésarrow-10x10 pour chanter les chants des « myengu » c’est-à-dire les divinités de l’eau.

Les « manjo »
Du singulier « janjo » et courammentarrow-10x10 appelés « chasse-mouches », ce sont des plumeaux de fines fibres de baguettes de palétuviers qui comptent parmi les insignes du pouvoir traditionnel. Les chanteurs du Ngoso les utilisent souvent pour diriger le rythme de leur troupe.

La fin du chant
A la fin du chant, le chanteur redescend rapidement et arrête brusquement le chant de ses accompagnateurs pararrow-10x10 le triple signal : « E ! E ! E ! » et le cri : « Inambolo e ! » auquel tous répondent « mbolo e ! » ou le cri « Engingila yé » dont la réponse est « eyesé ! »
Parfois le triple signal : « E ! E ! E ! » est remplacé par trois coups de clochette.

Le choeur
Parfois, le chanteur se fait accompagner directementarrow-10x10 par la foule, c’est-à-dire le plus souvent, par toute sa troupe. C’est en général pour des chants dont les refrains sont plus courts et plus faciles. Le chanteur entonne le « muninga » comme précédemment, mais donne un signal de reprise « kwese » plus clair.
Le choeur se chante à une ou plusieurs voix selon l’inspiration de chacun pendant que les accompagnateurs maintiennent le rythme avec leur jeu de clochettes.

La batterie
Au-delà des « miken », on ajoute autant que possible une batterie composée d’un tam-tam « elimbi », c’est-à-dire un tambour à fente et d’un tambour à peau appelé « ngomo »

La danse
Enfin, lorsque l’on fait du Ngoso dans un « munia », à certains moments plus importants du récit, le chanteur et ses accompagnateurs se lèvent et se laissent emporter par le rythme que maintient la batterie.

Les genres de « Ngoso »

Image de prévisualisation YouTubeQu’est –ce que le Ngoso ?

Il y a neuf sortes de « Ngoso » connus actuellement. Ils sont désignés par les noms de ceux qui y ont excellés et les ont rendus célèbres.

Ngos’ a Enyenge (le ngoso de Enyenguè)
Il est normalement réservé aux femmesarrow-10x10 et particulièrement dans les chants de lamentation appelés « esewe ». Mais en fait, il est le plus souvent chanté actuellement sans doute du fait de sa facilité. Ce ngoso vient du Wouri,région en amont de Douala.

Ngos’ a Etubise (le ngoso de Etoubisè)
Cette façon de chanter est reservée aux hommes. Elle se caractérise par la mélodie très élevée du soliste.

Ngos’ a Ebanda (…………de Ebanda)
Cette façon de chanter se caractérise par le rythme spécialement conçu pour entraîner les piroguiers lors des « mpembisan a miolo », c’est-à-dire les fameuses courses de pirogues.

Ngos’ a Bolobo
Il s’agit en fait du ngoso qui utilise le rythme d’une autre danse appelé « Bolobo ». Ce chant se caractérise par le rythme des instruments qui est vif et dansant.

Ngos’ a Sampa (le ngoso de Sampa)
Cette façon de chanter se caractérise par un rythme très marqué.

Ngos’ a Sobo (…………..de Sobo)
Ce type de ngoso a un rythme très rapide et très marqué qui le distingue nettement des autres façons de chanter.

Par Emmanuel ESSOME JOHN
M. LOBE Alain du Centre d’Initiation à la Culture Sawa pour ses conseils et son encadrement.

Mes remerciements à TEDDY DIKONGUE pour cette merveilleuse Vidéo.

Références bibliographiques
o L’épopée de DJEKI LA NJAMBE, Célestin TIKI A KULE A PENDA
o Nimele bolo,
o www.peuplesawa.com

Georges MAKONGUE « Okoo – muna » DINGON.

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