MAKOSSA : D’OÙ VIENT LE NOM DE CE GENRE MUSICAL ?

MAKOSSA : D’OÙ VIENT LE NOM DE CE GENRE MUSICAL ?

Par Jean-Paul MONGO BELL

 

La musique Makossa tout comme le football et d’autres pans culturels ont contribué à faire connaître notre pays le Cameroun à travers le monde. Nous pouvons même dire qu’il a devancé la diplomatie. Ceci est d’autant plus vrai que la musique Makossa fait partie de la culture camerounaise, et la culture d’un pays étant l’identité de ce dernier, il est plus facile à quelqu’un de vous identifier par votre culture que tout autre chose. Parler du Makossa, reviendrait à nous poser quelques questions : Est-ce une musique typiquement camerounaise ou une musique de fusion comme le Jazz ? Qu’est donc ce Makossa qui fait tant parler de lui ?

Pour répondre à cette question, nous pouvons nous référer à quatre grandes sources à savoir Francis Bebey qu’on ne présente plus, Ebanda Manfred, Sale John et Epoh Paul François,tous musiciens.

 

Dans le numéro 324 du journal Afrique-Asie paru le Lundi 18 juin 1984, Francis Bebey dit ceci :« Etroitement lié à la ville de  Douala, le Makossa comme le jazz n’a pas de signification propre. La traduction la plus admise est d’ordre sémantique, « SA » signifiant en  Duala : danser, alors que « KO » se traduit par tomber. Makossa  voudrait alors dire entrer dans la danse, soyez dans le coup ».  Il  continue : «  le Makossa est un mélange d’AMBAS BEY et de  BOLOBO,  musique et chants de la ville de Douala qui nécessitent voix humaines  et claquements de mains sur un rythme africain pur, tels les chants protestants  et la musique afro-cubaine ».

 

Une autre source corroborée par Ebanda Manfred soutient que le mot Makossa provient de  l’espagnol « Gotza » qui signifie jouir et servait de petites  animations dans les morceaux des Latino-américains, de rumba, merengue,  chachacha qui faisaient fureur à cette époque et étaient interprétés en lange  espagnole. « Gotza » ou « Agotza » étaient donc des petites  ponctuations d’animation dans le morceau. C’est en s’inspirant de ces rythmes  sud-américains, à travers les compositions musicales en langue duala que pour  la première fois ce mot « Gotza » est remplacé par « Kossa »  par l’artiste Nelle Eyoum alors membre du célèbre groupe Uvocot-Jazzdans lequel on trouvait Epée Mbende Richard dit Epée d’Or, Moundo Moungole Isaac, Ebanda Manfred, Priso Makembe, Mangamba Emmanuel et Essaka.  Certains jeunes gens ont intégré le groupe après, il s’agit de Danger Ngando Kone,  Epoh Paul François et Ewanje bebe. Ce groupe est sans conteste le  creuset de la musique moderne de notre communauté.

 

D’après Epoh Paul François, dans un document retrouvé intitulé «  La créature du Makossa » 1959, il dit ceci : « Le Makossa est  né dans un quartier d’Akwa (Douala) et plus précisément dans un bar célèbre de l’époque appelé Welcome Bar à Nkane  Bonadibong ».

En 1956, un rythme venu d’Amérique Latine du nom de Merengue faisait fureur au Cameroun et poussait les prostituées de Nkane à s’attirer les faveurs des clients en remuant leur  derrière pour exciter les jeunes hommes… De ce comportement provocateur est né  le Makossa « (Kos en langue duala signifie : mal éduqué, sauvage,  effronté). Monsieur Nelle Eyoum Emmanuel fut le premier à prononcer le mot Kossa  (au singulier qui est devenu Makossa au pluriel). C’est donc Uvocot-Jazz qui  est le géniteur du Makossa selon lui.

 

Sale John pour sa part dans le titre intitulé : « Kamer All Stars » sous l’orchestration de Manu Dibango raconte ceci : « C’est le flambeau bar, dans un bar où jouait NELLE EYOUM que le mot Makossa est prononcé pour la première fois par ce dernier dans le titre «  MOT’A OGONO MO ASI MA NANGA NDABO » (signifiant l’homme d’Ogono ne dort pas à la maison) ». Ce titre a été composé suite à l’histoire de la bastonnade administrée par Basile (un Nigérian) à Bwale (une camerounaise), tous deux voisins du Flambeau bar. Il dit aussi que le Makossa acquiert son rayonnement international avec la sortie de Soul Makossa de Manu Dibango et par les productions des autres artistes tels Ekambi Brillant, Eboa Lottin , Francis Bebey, Dikoto Mandengue et tous les autres qu’on ne peut citer ici.

Jean-Paul MONGO BELL

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